18 juin - Journée nationale commémorative de l'Appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi

Journée nationale commémorative de l’appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l’ennemi.

Vous trouverez ici le message de Mme Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants : 

Le 18 juin 1940 au soir, sur les ondes de la BBC, un général de brigade à titre temporaire, sous-secrétaire d’État, prenait la parole pour refuser l’abandon que d'autres s'apprêtaient à accepter.

Il était seul. Il n’avait ni armée, ni territoire, ni ressources.

Il s’apparaissait à lui-même, écrira-t-il plus tard, « comme un homme au bord d’un océan qu’il prétendrait franchir à la nage ».

Et pourtant, dans cette voix qui montait de Londres vers une France où descendait la nuit, il y avait tout le réveil à venir.

À travers cet homme seul, la France refusait de mourir.

La veille, le 17 juin, un commerçant de Brive-la-Gaillarde, Edmond Michelet, diffusait clandestinement un tract reprenant les mots de Charles Péguy pour rappeler la France à « sa vocation de liberté » : « celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend, […] quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, et quel que soit son parti. [Il est l’héritier] de celle qui fit lever le siège d’Orléans ». Ce fut l'un des tout premiers actes de la Résistance sur notre sol.

Le 10 mai 1942, à Londres, le général de Gaulle lui-même évoquerait la fille de Lorraine, sans pouvoir ni prestige : « si la France trouva en elle-même, il y a cinq cents ans, à l’appel de Jeanne d’Arc, la flamme nécessaire à son salut, elle peut aujourd’hui retrouver la même flamme. »

Un mois plus tard, dans le désert libyen, cette flamme resurgissait.

À Bir Hakeim, la 1ère Brigade française libre tenait tête, quinze jours durant, aux forces de l’Axe.

Sous les ordres du général Koenig, combattaient côte à côte légionnaires européens, tirailleurs d’Afrique, volontaires du Pacifique et Compagnons de la Libération.

Avec eux se trouvait aussi une Britannique : Susan Travers.

Dans la nuit du 10 au 11 juin, conductrice du général, elle mena sous le feu la percée qui devait déjouer l’encerclement.

Ni sa naissance, ni sa condition, ni sa place ne l’y prédestinaient. Elle n’avait rien demandé pour elle-même. Elle ouvrit la voie.

« Quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, dira le général de Gaulle, le monde a reconnu la France. »

De nouveau, la force de la France se révélait là où sa faiblesse avait semblé la plus grande.

La France libre n’était plus seulement une voix dans la nuit : elle était devenue la preuve que la France n'avait jamais cessé d'être elle-même.

Ceux qui avaient répondu à l’Appel lui donnaient un visage universel : parmi eux, Joseph Kessel, né en Argentine, auteur du Chant des Partisans ; Joséphine Baker, enfant de Saint-Louis du Missouri devenue héroïne du renseignement ; Félix Éboué, petit-fils d’esclave et gouverneur du Tchad, qui offrit à la France libre son premier point d'appui.

Car le sens de leur combat dépassait le territoire national.

Dès 1941, à Oxford, de Gaulle rappelait l’enjeu profond de ce conflit : « sauver l’ordre du monde […] tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun soient garanties, [et] assurer en définitive le triomphe de l’esprit sur la matière. »

À l’heure où le monde est à nouveau travaillé par la tentation de la force brute, l’Appel du 18 juin nous élève à la hauteur d’une exigence : notre peuple n’est jamais aussi grand que lorsqu’il refuse la défaite de l’esprit, et se donne les moyens de défendre sa liberté.

Cette exigence, le Général l’avait rappelée quelques jours après son premier appel.

Le 24 juin 1940, il s’adressait encore aux Français en ces termes :

« La France est comme un boxeur qu’un coup terrible a terrassé.

Elle gît à terre.

Mais elle sait, elle sent qu’elle vit toujours d’une vie profonde et forte.

Elle sait, elle sent que l’affaire n’est pas finie, que la cause n’est pas entendue.

Il faut qu’il y ait un soleil.

Il faut qu’il y ait une espérance.

Il faut que, quelque part, brille et brûle la flamme de la Résistance française.

Un jour, je vous le promets, nous serons ensemble l’armée qui rendra la liberté au monde et la grandeur à la patrie. »

Sur la croix de Lorraine du mémorial où reposent les combattants du maquis de Charente, qui avaient choisi le nom de Bir Hacheim, sont gravés ces mots : « Pour la liberté et la grandeur de la patrie. »

Ils résument ce que fut l’esprit du 18 juin.   

La conviction que rien n’est jamais perdu, tant qu’il existe des femmes et des hommes pour refuser, en leur âme, de s’estimer vaincus.

La foi qu’il demeure en chacun une part irréductible que la force ne peut ni contraindre ni détruire.

La fidélité à ce que le général de Gaulle appelait le « pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ».

Vive la Liberté. Vive la République. Vive la France.